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Traduire les contenus humoristiques, un exercice pas si amusant…

Le rire est souvent considéré comme universel. Si on parle de l’effet physiologique, c’est tout à fait vrai. Mais lorsqu’il s’agit de savoir si on rit de la même chose partout...

Publié par Louise

Le rire est souvent considéré comme universel. Si on parle de l’effet physiologique, c’est tout à fait vrai. Mais lorsqu’il s’agit de savoir si on rit de la même chose partout autour du globe, rien n’est moins sûr.

Cette question se pose lorsqu’il s’agit de traduire les contenus humoristiques. Entre difficultés linguistiques et difficultés culturelles, traduire l’humour se révèle être un exercice loin d’être amusant.

Qu’il s’agisse de traduire de la publicité, un contenu médiatique, un contenu artistique (livre, film, BD ou autres), un discours dans le cadre privé ou public, ou du contenu spécialisé dans l’humour comme des recueils de blagues ou des spectacles d’humoristes, traduire l’humour est un exercice compliqué.

Pourquoi l’humour est-il si dur à traduire ?

 

L’humour se construit sur deux aspects : la langue et la culture. Et l’un ne va pas sans l’autre. Le sens de l’humour d’une personne se définit en partie par son bagage culturel lui même définit par sa langue qui lui permet d’accéder à ce bagage. Traduire un texte humoristique ne demande donc pas seulement d’avoir une très bonne connaissance de la langue cible, mais également de la culture qui accompagne la langue. Il faudra que la traduction parle aux spectateurs avec des références qui leur sont propres.

En plus des problèmes d’adéquations des bagages culturels, le traducteur est confronté aux problèmes de la langue elle-même. En effet, il y a plusieurs types d’humour qui ne fonctionnent qu’à partir des mots, voire de leur prononciation ou du rythme des phrases. Si vous traduisez une blague en allemand qui fonctionne à partir d’un accent régional français, il y a fort à parier qu’il soit impossible de proposer un cohérent. Ainsi, tous les jeux de mots qui sont basés sur l’homophonie (deux mots qui se prononcent pareil) ou la polysémie (un mot qui possède deux sens) vont être très compliqué à traduire.

La blague « Did you hear about the kinapping at school ? It’s fine, he woke up » repose sur un jeu de mot entre « kidnapping » et « kid napping » (un enfant faisant la sieste). La traduction littérale est la suivante : « As-t-entendu parler du kidnapping à l’école ? Ca va, il s’est réveillé ». Avouons que la traduction ne provoque en nous aucun effet comique. Il en va de même pour les expressions figée. Dans ces cas-là, une traduction littérale ferait perdre à une phrase son aspect humoristique. Tout comme le langage poétique, le langage humoristique peut reposer sur une maîtrise de la langue qui ne trouve pas forcément un équivalent dans d’autres langues.

 

 

 

Faut-il adapter ou expliquer ?

 

Dans cette traduction bien particulière, il ne va pas s’agir de trouver la formulation la plus proche de l’original. Ici la fidélité qu’exige la traduction ne se rapporte pas au respect du sens mais au respect de l’effet produit. Il faut parfois inventer une blague différente mais qui repose sur le même principe.

 

 

Dans le but de garder les effets du ressort comique, il est possible de ne conserver que l’idée de la blague en se délestant des mots. C’est principalement de cas pour les blagues qui vont références à un aspect culturel. Il s’agira pour le traducteur de trouver des équivalences en fonction du contexte : choisir une autre personnalité, une autre références artistique, un autre discours politique, une autre entreprise similaire, un événement national, etc.

Par exemple, dans le film Astérix : Le domaine des Dieux, Abraracourcix introduit dans son discours le célèbre « je vous ai compris » du Général de Gaulle. Cette référence n’aura de sens que pour les français. Ainsi la traduction anglaise est allée chercher un autre phrase emblématique, mais anglophone cette fois, le « Yes you can » de Barack Obama.

 

 

En général, il est plutôt conseillé de ne pas chercher à expliquer une blague. De la même façon qu’une blague dans votre langue maternelle qui aurait besoin d’être expliqué pour être comprise (et qui du coup ne serait pas drôle), une blague traduite ne doit pas être expliquée sous peine de perdre de sa valeur. Cela arrive assez rarement lorsqu’il est question de traduire l’humour de façon anecdotique.

Cependant, cette option est parfois la meilleure lorsqu’il s’agit de traduire un spectacle d’humour car ici la blague prendra sens dans le contexte du spectacle et la remplacer par un équivalent risquerait de casser la structure du spectacle. La note explicative va casser le rythme de la blague, mais permet de la laisser dans son contexte.

Comme la structure d’un spectacle fonctionne souvent sur l’auto-citation d’un sketch à l’autre, ne pas changer la blague permettra de ne pas prendre le risque de rendre une autre blague incompréhensible si on fait référence à la première.

 

 

Notre conseil

Ainsi réussir à traduire l’humour ne demande pas seulement une bonne capacité de traduction mais surtout beaucoup de créativité (et aussi beaucoup d’humour). Pour la traduction de vos blagues les plus drôles, solliciter des experts linguistiques sur Traduc.com afin d’être sûr d’obtenir des traductions hilarantes de blagues.

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